Carrefour lance une application intégrée directement dans l’interface de ChatGPT. On peut désormais lancer ses courses en ligne depuis l’IA. Je l’ai testée pour préparer un apéro pour quatre personnes. Le résultat est à la fois pratique et troublant.
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Comment le test est organisé
Pour que l’expérience fonctionne, il faut un compte ChatGPT et un compte Carrefour associés à la même adresse e‑mail. Au démarrage, l’application demande d’autoriser la connexion entre les deux comptes. Vous acceptez ou non.
J’ai choisi le « drive » afin d’interroger l’offre réellement disponible. L’IA interroge le catalogue en direct. Elle propose des produits, permet de les remplacer et les ajoute rapidement au panier. Le parcours reste fluide jusqu’au paiement. Tout se passe dans ChatGPT.
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Des suggestions utiles… et d’autres plus surprenantes
Sur le plan pratique, l’outil est efficace. Les conseils culinaires sont simples. Les substitutions de produits se font en un clic. C’est très confortable quand vous manquez d’idées.
Cependant, l’IA livre aussi des recommandations inattendues. Par exemple, après avoir choisi une burrata coûteuse, l’IA a proposé d’« optimiser » le budget en n’en mettant que sur quelques tartines visibles. Pour les autres, elle suggère de remplacer par une mozzarella basique. Selon l’IA, la différence passe inaperçue.
Autre surprise : le choix du vin. L’algorithme a classé, en seconde position, un pack de six bouteilles de 25 cl de vin de cuisson. Le critère semble être le prix unitaire. Le résultat n’est pas celui qu’un hôte humain recommanderait systémiquement.
Pourquoi ces errements ?
Il faut garder à l’esprit que l’IA n’est pas conçue d’abord pour « vendre ». Elle est conçue pour répondre et aider. Son objectif d’optimisation n’inclut pas forcément les codes sociaux qui gouvernent un apéritif entre amis.
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En clair, ChatGPT n’a jamais reçu d’invités. Il lui manque l’expérience sociale qui permettrait d’équilibrer prix, prestige et convivialité. L’IA optimise des critères mesurables. Elle passe à côté des nuances humaines.
Ce que cela révèle pour le commerce
Permettre à un tiers d’explorer le catalogue, de conseiller et d’ajouter des articles, c’est renoncer à une partie du contrôle de la relation client. Carrefour prend un risque en laissant l’IA formuler des choix et des commentaires au nom de l’enseigne.
À l’heure actuelle, la connexion entre les comptes ne donne pas accès à l’historique client ni aux préférences personnelles. Pour le consommateur, la permission demandée au départ paraît donc inutile. Mais cette protection d’abord étanche va sans doute fondre. La personnalisation va s’imposer. Et avec elle, la collecte de données va s’intensifier.
Cette évolution pose une question majeure : comment concilier service instantané et protection des données ? Les enseignes doivent décider si elles veulent piloter les recommandations ou laisser l’IA proposer librement. Les deux approches ont des conséquences sur la confiance du client.
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Conseils pratiques pour vous et pour les enseignes
- Pour vous : vérifiez toujours le panier avant paiement. Ne laissez pas l’IA faire tous les choix à votre place.
- Pour vous : gardez un œil sur les formats et les usages. Un pack de « vin de cuisson » n’est pas une bouteille de dégustation.
- Pour les enseignes : imposez des garde‑fous. Filtrez les recommandations sensibles. Paramétrez l’IA pour respecter l’image de marque.
- Pour les enseignes : informez clairement le client sur les données partagées. La transparence est un levier de confiance.
Recette : apéro radis et bruschettas tomate‑mozza pour 4 personnes
Ingrédients
- 1 baguette de pain ou 8 tranches de pain de campagne
- 4 tomates mûres (environ 600 g)
- 250 g de mozzarella (ou 150 g de burrata si vous souhaitez un peu de luxe)
- 1 botte de radis (environ 300 g)
- 4 cuillères à soupe d’huile d’olive
- 1 gousse d’ail
- Sel et poivre
- Quelques feuilles de basilic
Préparation
- Préchauffez le four à 200 °C. Coupez le pain en tranches et passez‑les au four 5 minutes pour les toaster.
- Coupez les tomates en petits dés. Ajoutez 2 cuillères d’huile d’olive, sel, poivre et basilic ciselé.
- Coupez la mozzarella en tranches fines. Disposez‑en sur quelques tranches de pain. Répartissez la préparation tomate sur les autres tranches.
- Émincez les radis et déposez‑les sur une assiette avec un filet d’huile d’olive et une pincée de sel.
- Frottez légèrement les tranches de pain toastées avec la gousse d’ail. Servez les bruschettas chaudes ou tièdes.
Conclusion
Cet essai montre bien le potentiel et les limites d’une intégration IA–commerce. L’expérience est pratique. Elle peut gagner du temps. Mais elle peut aussi prendre des libertés qui surprennent.
Si vous testez ce type de service, gardez la main sur vos choix. Et si vous travaillez en magasin ou en marketing, préparez des règles claires pour guider l’IA. L’enjeu est simple : tirer profit de l’innovation sans perdre la confiance du client.


