Pâques arrive et, derrière les vitrines brillantes, il y a tout un monde de gestes précis, de moules anciens et d’odeur de cacao chaud. Chez Bonnat, la tradition et la machine se rencontrent pour créer les moulages qui font rêver petits et grands.
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Visite rapide dans l’atelier de Saint-Étienne-de-Crossey
En 2022, la production a quitté les locaux historiques de Voiron pour s’installer à Saint-Étienne-de-Crossey. Vous entrez alors dans quatre grandes salles blanches. L’odeur de chocolat est immédiate. Pas besoin de parfums d’ambiance ici — le parfum du cacao suffit.
Sur les tapis mécaniques, les équipes remplissent des plaques en forme de poisson, de coquillage ou d’œuf. Les concheuses, ces grandes machines qui brassent le cacao pour adoucir son acidité, ronronnent sous la surveillance du torréfacteur. Tout est calibré pour une période précise de l’année : le week-end de Pâques.
Des moules qui racontent 178 ans d’histoire
Ce qui surprend le plus, ce sont les moules exposés dans une vitrine à l’étage. Certains datent du XIXe siècle. La série dite des sabots approche les 180 ans. Vous voyez là une continuité rare : la forme des moulages n’a presque pas changé.
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Pour la maison Bonnat, environ 90 % des ventes sont des moulages traditionnels. Les clients cherchent ce qui rassure, ce qui rappelle l’enfance. Les moules en métal, finement ciselés, voisinent aujourd’hui des moules modernes en silicone. Pourtant, quelques pièces en métal servent encore en production.
La cadence de Pâques : chiffres et coulisses
La demande s’intensifie dans les derniers jours. Cette année, Pâques tombe tôt et beaucoup d’achats sont faits à la dernière minute. Les équipes produisent des centaines de kilos de friture : près de 500 kg de friture en chocolat noir à 65 % et environ 300 kg en chocolat au lait, rien que pour la période de Pâques.
La maison mobilise une quarantaine de salariés. Pâques représente une part symbolique et commerciale : près de 15 % du chiffre d’affaires annuel. C’est la seconde période forte après Noël, mais avec une part importante de ventes directes.
Tradition et modernité : pourquoi si peu de changement ?
Vous vous demandez peut-être pourquoi les formes évoluent si peu. La réponse tient à la demande et à l’émotion. Les acheteurs cherchent la figuration classique : œuf, poule, poisson, poupon. Ces silhouettes portent un héritage. Elles rassurent. Elles vendent.
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Pour autant, la chocolaterie innove sur le thème annuel. En 2026, le thème est surprenant : les poussins pirates. C’est une façon de renouveler l’offre sans renier les classiques.
Coûts et réalités : le cacao comme facteur de tension
Un chiffre frappe : le prix du cacao a été multiplié par six en dix-huit mois. Pour une entreprise artisanale comme Bonnat, il est difficile d’augmenter massivement les prix à la clientèle. Le chocolatier affirme qu’il ne peut pas tout répercuter. La période de Pâques devient donc encore plus cruciale pour absorber ces fluctuations.
Pour les consommateurs, cela signifie parfois une meilleure sélection parmi l’offre et une préférence pour la qualité et l’authenticité. Les Français dépensent en moyenne plus de 300 millions d’euros en chocolat pour Pâques chaque année — un marché qui reste dynamique malgré la hausse des coûts.
Les métiers derrière vos moulages
Plusieurs corps de métier se retrouvent dans l’atelier. Le responsable production organise les flux. Le chef de la chocolaterie supervise le moulage. Des équipes démoulent et décorent les bonbons. Le torréfacteur ajuste les concheuses pour obtenir la texture idéale. Chaque geste compte.
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Et puis il y a l’âme du directeur, qui organise une grande chasse aux œufs sur 30 km, avec dix cachettes dans le Pays voironnais. À chaque découverte, un moulage est offert. C’est un geste qui relie le public à la création.
Conseils pour choisir votre chocolat de Pâques
- Privilégiez la traçabilité : cherchez l’origine du cacao et la méthode de torréfaction.
- Vérifiez la composition : un bon moulage contient surtout du beurre de cacao, pas d’huiles végétales.
- Optez pour le moment : achetez un peu avant Pâques pour éviter la rupture, mais attendez la fin pour profiter des promos de dernière minute.
- Choisissez selon le goût : intense pour le noir 65 % ou plus doux pour le lait. Essayez les deux si vous hésitez.
En résumé
Chez Bonnat, Pâques, c’est un mélange de mémoire et d’efficacité. Les moules anciens racontent une histoire vieille de presque deux siècles. La production moderne répond à une demande massive, souvent de dernière minute. Et derrière chaque œuf ou poule en chocolat, il y a des hommes et des femmes qui veillent à la qualité, malgré la pression des prix du cacao.
La tradition perdure. Et si vous participez à une chasse aux œufs cette année, pensez au savoir-faire qui se cache dans chaque moulage. Vous tenez entre les mains plus qu’un chocolat : une part d’histoire.


